Est-que vous avez vu ce joli petit film? Et bien il mérite le détour! L'histoire? Celle d'Adèle, cœur d'artichaut quitté par Mathieu, l'homme avec qui elle voulait construire sa vie. Dévastée, elle n'a personne chez qui aller, si ce n'est sa cousine Rachel, une femme excentrique et obsessionnelle qui lui conseille de "coucher avec d'autres hommes" afin de "désacraliser cette histoire". Aussitôt dit, aussitôt fait avec Pierre, Paul, Jacques...
Pimpant, déluré, original. Valérie Donzelli réussit, avec trois bouts de ficelle, un bon maniement de l'aiguille, une bande de copains bien choisis (dont Benjamin Biolay pour la musique) et des inspirateurs inspirés tels Truffaut, Rohmer et Demy, une comédie à croquer.
C'est en participant à l'organisation du "Rendez-vous du jeune cinéma français" à Moscou que j'ai redécouvert ce film et surtout que j'ai eu la chance de rencontrer Béatrice de Staël, celle qui joue Rachel. Après de longues journées à flâner dans Moscou avec elle, j'avais envie qu'elle soit ma cousine, aussi névrosée soit-elle. Une petite réplique pour vous donner un avant goût : Rachel à Adèle - "T'es insupportable en fait! On te quitte, tu pleures, tu jouis, tu pleures. T'es toujours la victime. C'est chiant!"
Et surtout la bande-annonce :
Présenté à l'ouverture du festival, La reine des pommes à fait rire une salle comble de 500 places!
Après un court-métrage intitulé Il fait beau dans la plus belle ville du monde (à voir!), ce premier long en laisse présager bien d'autres...
Pour plus d'infos sur le film : http://www.lareinedespommes-lefilm.com/
Mercredi dernier j'ai été au vernissage de l’exposition « Polnopolunie » du photographe russe Vladimir Mishoukov. Vous ne le connaissez peut-être pas… et bien il mérite de l’être, connu.
Tout d’abord par ce qu’il a collaboré aux deux films les plus populaires du réalisateur russe Andrey Zvyagintsev, Le Retour (Vozvraschenie, 2003 - Lion d'or et Lion du meilleur premier film à la Mostra de Venise, Aigle d'or à Moscou) et Le Bannissement (Izgnaniye, 2007). Ensuite par ce qu’avec Le Culte de la famille, il célèbre la famille tout en dressant un portrait social de la Russie postsoviétique. Surtout par ce qu’il a su photographier le grand clown russe Slava Plolounine. Aussi par ce qu’il est l’un des rares photographes russes contemporains qui s’est fait remarquer sur la scène russe mais aussi internationale au début des années 2000. Enfin, par ce qu'il est fort sympathique et qu'il a plutôt une bonne tête!
Le Culte de la famille
Vous avez un petit côté voyeur et vous laissez volontiers glisser votre regard vers les fenêtres éclairées de l’autre côté de la rue… Et bien avec Le Culte de la famille, c'est comme si vous étiez transportés en beau milieu du salon de parfaits inconnus. Pour réaliser cette série Vladimir Mishoukov est rentré dans l’intimité de soixante-huit familles moscovites. En reprenant l’ancienne tradition de la photographie familiale, il a photographié ses familles dans leur propre mise en scène. La prise de vue est frontale, l’environnement quotidien, la technique et le regard contemporains.
A travers ces familles se dessine un tableau saisissant de la société moscovite moderne. On y décèle les contradictions et les difficultés d’une société postsoviétique affectée par tant de changements culturels, sociaux, politiques et économiques.
Vladimir Mishoukov a également sublimé Slava, ce grand clown russe contemporain, qui emprunte sa gestuelle à Marceau et à Chaplin, et a fondé en 1968, avec d’autres amis clowns, le Théâtre Licedei. Baignés de mélodies occidentales, leurs sketches, qui n'étaient pas du goût des autorités soviétiques, ont toutefois réussi à traverser les frontières, ce qui leur a valu l’adulation du public. Peu avant la chute du mur de Berlin en 1989, le Licedei est l’instigateur de la fameuse Mir Caravan (Caravane de la Paix), qui répand encore aujourd’hui au fil de ses voyages larmes de joie.
Après la chute de l’URSS, le groupe se disloque. Certains d’entre eux créent une école de clown au sein de l'Académie théâtrale de la Faculté de Saint-Pétersbourg et insufflent une nouvelle vitalité au Licedei. Pas de nez rouge, ni de masques mais de l'inventivité à revendre. Leur derniers spectacle, Pokatukha et Semianyki, propose une visite « non-touristique » de la Russie, un plongeon dans le quotidien des russes, fait de difficultés mais aussi de fêtes folles.
Slava, lui, a continué sa carrière solo avec son fameux « Snowshow ». Ce spectacle visuel et musical, épopée dans l’univers fantasque d'un clown inadapté, à fait pleurer de bonheur les spectateurs du monde entier. Je n’ai pas encore eu la chance de le voir (ou plutôt j’ai raté les représentations qui ont eu lieu en juin au théâtre Silvia Monfort), mais les descriptions de son univers poétique me font rêver : bulles de savon, gigantesques toiles d’araignée, tempête de neige, créatures vertes fantasmagoriques aux longs chapeaux-oreilles… En attendant les photos de Vladimir Mishoukov nous entrouvrent les portes de son univers magique et mélancolique (malheureusement les plus belles sont encore introuvables).
« Mes spectacles ont du succès parce que je ne les joue pas, je les vis », Slava Polunine.
Et mes quelques photos du vernissage (désolé pour la qualité des photos -pas terrible) :
Un clown triste
Vladimir Mishoukov recouvert de bisous de clowns
Pour les curieux, quelques photos de Vladimir Mishoukov seront exposées à la Cité Internationale des Arts jusqu’au 24 octobre.
Et pour ceux qui parlent russe :
Почти без слов. Взглядом. Жестом. Паузой. Шепотом. Криком.
Всегда в точку. В самое сердце.
Чувствуешь себя дураком. Растерянным, счастливым. Пораженным.
Со зрителями в зале. Без зрителей - дома. Возле реки. В саду.
Радость он делит на всех. Печаль - оставляет себе. Как порядочный
клоун. В самом сердце.
Faire découvrir aux français la Russie, les russes et plus particulièrement Moscou et les moscovites et faire découvrir aux russes un peu de cette France qui vit chez eux: voici les missions de mon blog.